Parcours / Hawa Tandia, première femme soninké ministre dans un gouvernement en R.I.M

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Hawa Tandia, jusque-là peu connue du grand public, a été désignée ministre déléguée auprès du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération chargée des Relations avec les Mauritaniens de l’étranger, le 12 février dernier.

Sa nomination n’est pas passée inaperçue auprès des Soninkés et Wolofs. Car c’est la toute première fois que ces deux composantes ethniques voient une de leurs siéger dans un gouvernement en Mauritanie.

Selon les observateurs de la scène politique nationale, Hawa Tandia qui est de père soninké et de mère wolof doit sa nomination aux visées électorales du président de la République en l’occurrence Mohamed Ould Abdel Aziz.

Cette dame que d’aucuns disent sociable est née à Rosso le 7 novembre 1968. Inscrite à l’école dès son jeune âge, elle décroche le bac en 1989 et s’en va poursuivre ses études au Maroc.

Au bout deux ans elle rentre bredouille au pays, mais pour autant refuse de se laisse abattre, entame des études à l’Université de Nouakchott, enlève une maitrise en droit privé en 1996 avant de rentrer dans le monde du travail.

En 2007, Hawa devient conseillère juridique au ministère de la Modernisation de l’Administration et des Technologies d’information et de communication (Tics). Mais puisqu’elle ne compte pas s’arrêter là, elle fréquente la même année l’Ecole nationale de l’administration de Dakar.

Une fois un master professionnel en management public en poche, Hawa Tandia revient au pays pour occuper son poste de conseillère juridique au ministère de la Modernisation de l’Administration et de Tics.

Son ascension lui permettra de laisser une bonne image d’elle auprès de ses proches qui louent aujourd’hui sa simplicité. « Ceux qui atteignent le haut de l’échelle sociale ont l’habitude de snober les autres. Ce n’est pas le cas de Hawa. Elle est restée elle-même. Elle a su continuer à traiter les gens - et même ceux-là qui se trouvent au bas de l’échelle sociale - avec déférence », témoigne d’ailleurs une de ses connaissances de longue date.

En 2009, Hawa Tandia que l’on qualifie de fervente militante de l’UPR devient directrice adjointe de la Coopération et des Etudes au sein du ministère de la Modernisation de l’Administration et de Tics. Elle gardera son poste de directrice jusqu’en 2012.

L’année 2014 et plus précisément le 12 février 2014 sera la date de sa consécration. En effet ce jour-là, elle glanera le portefeuille de ministre déléguée chargée des Relations avec les Mauritaniens de l’étranger, qui est un portefeuille ministériel qui a vu le jour le 12 février 2014 même.

Sa nomination n’a été dictée que par des raisons électorales, estiment les observateurs de la scène nationale qui pensent que Hawa Tandia aura pour rôle de tenter de réconcilier la composante négro-mauritanienne d’Europe - mobilisée contre le recensement de citoyens mauritaniens qu’elle juge inique - avec le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz qui s’apprête à briguer un second mandat présidentiel.

Selon ces mêmes observateurs, la nouvelle ministre aura également à agir pour que les Soninkés du Gorgol - la région dont elle est originaire - et les Wolofs se mobilisent derrière Aziz dans le cadre du scrutin présidentiel qui doit normalement se tenir en 2014.

Quoiqu’elle ne maitriserait pas la langue soninké, Hawa Tandia - dont le grand père Malamine Tandia fut l’interprète du premier chef d’Etat de la Mauritanie indépendante en l’occurrence Mokhtar Ould Daddah, et dont le père Cheikh Sidya Tandia est aujourd’hui le président de l’Association mauritanienne pour la promotion de la langue et la culture soninké - aura un argument de taille à faire valoir pour drainer du monde derrière Aziz : l’aura de sa famille. Reste à savoir si cet argument va suffire ou non.

cridem.org


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