Prix franco-allemand des droits de l’homme : Mekfoula Mint Brahim consacrée

, par  masterEveil , popularité : 5%

C’est dans le jardin paisible de l’ambassade allemande que la militante mauritanienne, Mekfoula Mint Brahim, a reçu le prix franco-allemand des droits de l’Homme.

Mekfoula Brahim, recevant le prix franco-allemand des mains de l’ambassadeur français et de son homologue allemand. Crédit : Mozaikrim/MLK

Son arrivée à la chancellerie allemande est aussi détonante que son combat courageux contre l’extrémisme et le racisme en Mauritanie : un voile berbère de deux tons, le voile ne couvrant que l’arrière de ses cheveux, et surtout la lumière farouche et douce dans son regard, qui dessine son visage. Et son sourire avenant. Mekfoula Brahim est toujours aussi rebelle.

C’est une rebelle dans l’âme, dans les actes, et dans l’engagement, qui a reçu le prix franco-allemand des droits de l’Homme. Depuis 2016, ce prix est décerné chaque année à des personnalités qui ont contribué de façon exceptionnelle, à la protection et à la promotion des droits de l’Homme et de l’État de droit dans leur pays et au niveau international. Pour cette cuvée 2018, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et son homologue allemand, Heiko Maas, avaient annoncé le 21 novembre 2018 les lauréats, dont notre « Juste de l’Adrar » fait partie.

 « Avec ce prix, l’Allemagne et la France ont souhaité manifester ensemble leur engagement constant à une valeur commune : celle du respect des droits de l’homme, et du progrès de l’état de droit » dit dans son discours, l’ambassadeur français en Mauritanie, Son Excellence Mr Robert Moulié.

Son homologue allemand, Son Excellence Mme Gabriella Dellil, opine en ce sens, dans son discours porté en arabe : « Mekfoula Brahim, parmi d’autres femmes, est une des figures de proue de la lutte pour une Mauritanie unie, contre l’extrémisme, le racisme, et les violences faites aux femmes en Mauritanie. Ce qu’elle a fait, et continue de faire, avec une liberté de ton qui ne lui a pas apporté que des amis ».

« Certaines femmes, mènent un combat anonyme et étouffé depuis de longues années. Ce prix, au-delà de son attribution à mon humble personne, est une reconnaissance des combats de ces femmes anonymes, parfois aux vies abîmées. C’est l’occasion de rappeler que ce pays étouffe des pans entiers de ses citoyens, pour des considérations raciales, de caste, avec le symbole de Ould M’Keythir toujours en prison ! » Affirme Mekfoula Brahim.

 Présente à la cérémonie de remise des prix, visiblement fière et émue, la poétesse Mariem Derwich insiste sur le caractère fédérateur du discours de la rebelle guerrière : « Elle n’a oublié personne ; ni nos citoyens victimes de racisme à cause de la couleur de leur peau, de mépris à cause de leur caste, ou d’injustice à cause de leurs idées et leur caste, avec le symbolique emprisonnement de Ould M’Kheytir, qui est à lui seul victime de tous les maux de notre société ».

« Il faut imaginer le courage qu’il faut réellement pour mener le combat qu’elle mène, dans le contexte qui est le nôtre. C’est un prix mérité pour une femme qui n’a pas ménagé ses efforts pour porter haut le flambeau et le plus visiblement qu’elle a pu, et qu’elle peut, de certains éclats d’injustices dans ce pays » souligne à côté Salwa Chérif, journaliste, parmi le parterre d’invités à cette distinction.

Mamadou Lamine Kane

Mozaikrim


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