Putsch en Egypte : Le pouvoir soutient, la COD condamne

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Le pouvoir mauritanien et ses opposants radicaux n’ont pas tenu une position commune sur la situation en Egypte. Le putsch militaire mené par l’armée égyptienne contre le président démocratiquement élu de ce pays Mohamed Morsi, vient d’illustrer cette éternelle différence des points de vue. Si le pouvoir soutient le renversement du président islamique par un communiqué appelant les protagonistes politiques égyptiens de « faire prévaloir la logique de la raison et de la sagesse et mettre les intérêts supérieurs de la République Arabe d’Egypte et de son grand peuple au dessus de toutes les considérations partisanes et sectaires », la COD, elle condamne avec fermeté le coup de force orchestrée par l’armée. Elle a indiqué « sa ferme condamnation du coup d’Etat » et a appelé le peuple égyptien « à rester attaché à la contestation pacifique pour éviter toute effusion de sang ». Dans le même ordre idée, la COD exige « le rétablissement de la légalité constitutionnelle pour que l’Egypte continue à être un modèle à suivre dans le monde arabe et islamique ». Selon la COD, ce changement est « un coup d’Etat contre la démocratie ». 

L’Etat mauritanien a tout de même souhaité que les différents protagonistes parviennent « à des solutions douces et apaisées aux défis auxquels ils sont confrontés, de façon à mettre la grande Egypte à l’abri des risques de dérapage vers la violence, les troubles sociaux, la paralysie économique, le blocage des institutions de l’Etat, la mise en cause de l’ordre public et de la stabilité du pays ». D’ailleurs, à l’occasion de la conférence de presse hebdomadaire suivant le Conseil des ministres, le ministre de la Communication et des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement mauritanien a réagi aux derniers événements en Egypte. Tout en se gardant de qualifier le changement de pouvoir, Mohamed Yahya Ould Horma s’est dit « rassuré » par le déroulement des événements qui aurait pu, selon lui, être pire. Il a également enjoint les différents acteurs à mettre en œuvre rapidement les mécanismes prévus pour la réconciliation nationale.
Pendant que l’Union Africaine(UA), les Etats-Unis, l’Union Européenne ont fermement condamné le coup de force en Egypte, la Mauritanie se contente de soutenir en douceur, la destitution d’un président élu démocratiquement (51% de suffrages).