Ramadan : Inquiétude quant à la hausse des prix

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A quelques jours du début du mois sacré du Ramadan, les ménages mauritaniens ne cachent pas leurs craintes quand à de nouvelles hausses des prix, surtout dans l’alimentaire. Et pour cause, les derniers jours, toutes les denrées de première nécessité ont vu leur prix flamber alors que le mois de jeûne n’a pas encore commencé. Les chefs de familles ne savent plus où donner de la tête, surtout que le Ramadan coïncidera cette année avec la fin de l’année scolaire et les départs en vacances des familles.

A l’approche du mois sacré, les prix des viandes et poissons, du riz, de l’huile, du lait, des légumes… flambent de nouveau. « Une opération préméditée », disent les consommateurs devant l’absence des opérations de contrôle de la qualité et des prix et la débandade qui règne en maître sur le marché.

Les spéculateurs se frottent déjà les mains

Ainsi le prix de la viande d’agneau est passé à plus de 1 800 UM le kilo et celui du bœuf à 1 400 UM. Tandis que le prix du poisson, comme nous l’avons constaté, est imposé par ses distributeurs et varie donc d’un marché à un autre. La viande blanche considérée comme le produit de luxe des petites bourses, n’est également pas à la portée de tous les ménages puisqu’elle atteint 900 UM le kilo pour les cuisses de poulet, approchant ainsi le niveau de la viande rouge. « Les spéculateurs se frottent déjà les mains puisque personne ne peut les empêcher de dépouiller le citoyen », explique un client. Le comble c’est que les pouvoirs publics avouent leur impuissance à maitriser la situation afin de protéger les consommateurs face à cette flambée des prix récurrents. Même la tutelle en charge de la régulation et de l’organisation des activités commerciales au ministère du Commerce le confirme. Le mois de Ramadan de l’année en cours ne dérogera donc pas à la règle et les prix des produits de base connaîtront une hausse vertigineuse et ce, au grand dam des bourses moyennes. « Nous avons l’habitude de subir le dictat des spéculateurs. Ceux-ci stockent les produits de large consommation et, durant le mois de Ramadan, les cèdent à des prix exorbitants en portant un sérieux préjudice aux ménages », déclare à le président d’une fantomatique association de consommateurs. « La faute n’incombe pas aux commerçants puisque ceux-ci dépendent directement des grossistes qui achètent comme ils veulent et vendent comme ils veulent. En un mot, ils font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui monopolisent le marché », nous fait remarquer notre interlocuteur.

Impuissance des pouvoirs publics

Ce neuvième mois du calendrier musulman est une opportunité pour les spéculateurs pour bien écouler leurs marchandises sans oublier au passage d’augmenter leurs prix. Une hausse des prix qui porte préjudice aux citoyens qui comptent faire le Ramadan et rompre le jeûne avec des bons plats. C’est aussi la période la plus propice pour l’augmentation de la consommation, occasion idoine pour les prédateurs de s’enrichir sur le dos des croyants. Les tentatives annoncées par les autorités pour juguler cette flambée des prix, qui a lieu tous les ans pendant le mois sacré du jeûne, n’ont finalement aucun effet sur le terrain. La situation s’empire et se complique davantage d’autant qu’aucune autorité ne peut se porter garante d’une quelconque régulation des prix. Ce n’est plus un secret pour personne qu’en Mauritanie, le Ramadan est le mois de toutes les spéculations en ce qui concerne les coûts.

Sikhousso


Echos&Confi

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