Report des élections législatives et municipales : Quelle autre stratégie pour la COD ?

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Comme il fallait s’y attendre après un débat politique tendu entre pouvoir et opposition au sujet des élections jadis fixées au 12 octobre, la CENI et le gouvernement viennent de reporter la date des échéances électorales au 23 novembre pour le 1er tour et au 7 décembre en cas de second tour. L’opposition qui utilise le prétexte d’absence de consensus et d’implication à la CENI pour boycotter les élections n’aura certes pas d’arguments véritables pour tourner le dos à la nouvelle proposition du pouvoir sur la tenue de ces dernières en novembre soit un peu plus d’un mois.

C’est maintenant fait. La CENI vient de publier un communiqué en date du 22 août annonçant le report des élections législatives et municipales au 23 novembre pour le 1er tour et le 07 décembre en cas de second tour. Mieux, le comité directeur de la CENI a indiqué que « les dossiers de déclaration de candidatures déposés et non validés devront être renouvelés ». De son côté, le gouvernement a pris un décret convoquant le collège électoral aux mêmes dates pour mettre fin au débat sur l’organisation des élections le 12 octobre. Date considérée techniquement et juridiquement impossible par l’opposition.
Sur ce cas précis, la COD, avait décidé le 13 août dernier, d’opter pour un « boycott actif » des élections. Maintenant que ces élections sont reportées en novembre-décembre, la sagesse voudrait que l’honnêteté des acteurs politiques trouve son vrai sens. Mais les politiques étant ce qu’ils sont, il faudrait s’attendre à d’autres subterfuges pour trouver de quoi dire au lendemain d’une défaite. Car le pouvoir, la majorité présidentielle, forte d’une trentaine de formations, a déjà battu campagne avec à sa tête le président de la République. Ces visites présidentielles sont considérées par l’opposition comme une précampagne du Président utilisant de surcroît les moyens de l’Etat. Alors que pour le camp adverse, il s’agissait de visites pour s’enquérir des problèmes des populations et de faire le bilan sur les réalisations du raïs.

Aujourd’hui, avec le report des élections, l’opposition doit pouvoir revoir sa copie sur les revendications et se préparer en conséquence au risque d’enregistrer de cuisantes défaites le moment venu. Les observateurs considéreront qu’elle avait suffisamment de temps pour battre campagne. Cependant, depuis l’annonce du report, la COD n’a pas encore réagi encore moins la Convention patriotique (MPR, Adil, RD). Même si on peut considérer qu’elle s’est engouffrée dans la CAP (App, El Wiam, Sawab), artisan principal dans ce report, on attend d’eux une réaction comme ses leaders l’ont fait lors de l’annonce des élections pour le 12 octobre.

Le silence coupable de la COD

La Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) est attendue sur le nouveau report des élections. Désormais, les portes sont ouvertes pour discuter sur son implication à la CENI. Mais l’autre stratégie, que pourrait utiliser la COD, ce sont les revendications portées sur l’utilisation des moyens de l’Etat pour battre campagne. Une vieille revendication qui existe un peu partout en Afrique lorsqu’il s’agit de l’organisation d’élections. L’autre aspect non moins important, c’est l’observation des élections. A cet effet, considérant qu’il y aura des observateurs nationaux et internationaux à cette occasion, la revendication risque de ne pas tenir. Dans tous les cas, la COD a maintenant la balle à terre et il faut jouer pour ne pas voir l’adversaire s’en saisir du ballon et aller droit aux buts. La balle est maintenant dans son camp. Elle qui considère que le report des élections « est une victoire en soi ». Jusqu’ici, la COD garde le silence qui signifierait consentement. Qui ne dit rien consent, dit l’adage. Selon certaines sources, une réaction est attendue dans les prochains jours pour faire l’évaluation de la situation par rapport à ce nouveau report.
Chez l’autre opposition participationniste au dialogue de septembre-octobre 2011, on semble être prêt. Des missions seraient dépêchées à l’intérieur pour des investitures. La majorité en a fait également. En clair, la COD devra se préparer aux investitures, du moins pour les partis qui décideront d’aller aux élections. Pour certains membres de la COD, c’est certain qu’ils iront aux élections. Et le fait de ne pas aller aux élections pour certains partis de la COD risquerait de créer l’implosion en son sein. Ce qui l’affaiblirait davantage.
Moulaye


Echos&Confi

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