Rétrospective 2020 : L’année Corona !

, par  masterEveil , popularité : 0%

Dans quelques jours, l’année 2020 se terminera comme elle avait commencé, en l’occurrence sous le signe de mesures restrictives partout dans le monde, en général et en Mauritanie, en particulier, à cause du Coronavirus, la COVID 19. Une pandémie qui aura marquée cette année et dont on se souviendra incontestablement dans les annales de l’histoire, comme « l’année Corona ».

Le « Corona » et ses conséquences

Vous l’aurez compris, faire une rétrospective de l’année 2020, risque de se résumer aux différentes péripéties liées à la gestion de cette maladie apparue pour la première fois en décembre 2019 en Chine, avant de se répandre à travers le monde avec les conséquences que l’on connait. Dans notre pays, dès le mois de mars, les autorités ont pris des mesures pour faire face à la propagation du virus : fermeture de toutes les frontières (aériennes et terrestres), imposition de mesures de distanciation sociale et/ou physique, interdiction de tous les rassemblements, instauration d’un couvre-feu sur tout le territoire national de 18 h jusqu’à 6 h du matin, limitation de la circulation entre les wilayas au seul transport de marchandises... Parallèlement à cela, des mesures sociales ont été prises pour atténuer les effets de cette crise sanitaire mondiale sur les ménages les plus vulnérables. Le gouvernement a ainsi mis en place des mesures exceptionnelles pour faire face à la propagation du Coronas mais aussi d’en minimiser les conséquences sur les populations. Le budget alloué à cet effet est d’un montant de 5 milliards d’ouguiyas anciennes pour soutenir 30 000 familles les plus pauvres du pays. Malheureusement, la mise en œuvre de cet ambitieux programme n’a pas été à la hauteur des espérances. L’interventionnisme et le favoritisme ont ainsi conduit à l’exclusion sans aucune explication de milliers de familles remplissant pourtant tous les critères et qui avaient été recensées.

Les déboires de Mohamed Ould Abdel Aziz

Malgré tout, l’année 2020 ne s’est pas résumée chez nous à cette pandémie. La vie a continué à suivre son cours « presque normal ». Ainsi, l’Assemblée Nationale a poursuivi ses activités habituelles et a même mis en place une Commission d’Enquête Parlementaire pour passer au peigne fin la gestion des dix années de pouvoir de l’ex-Président. Là aussi, ce dossier puise son origine en 2019, lorsque Mohamed Ould Abdel Aziz a voulu reprendre les rênes de l’UPR, quelques mois après avoir quitté le pouvoir. Ce qui n’aurait pas été du goût de son successeur et ami de 40 ans, Ould Ghazouani. Très vite la machine s’est mise en marche. Après des semaines d’audition de plusieurs dizaines de responsables de l’ancien régime, l’enquête a été bouclée et le dossier transmis à la justice. Et pour la première fois dans l’histoire du pays, un ex-Président de la République s’est retrouvé en garde-à-vue pendant plusieurs jours, interrogé par des hommes qui, quelques mois auparavant, tremblaient à la simple évocation de son nom. D’autres, qui l’adulaient et le suppliaient de se présenter à un troisième mandat, le considérant comme le « sauveur », se sont retournés contre lui en le qualifiant de tous les noms d’oiseaux. Le plus zélé parmi ces « transfuges » a été incontestablement Sidi Mohamed Ould Maham, ancien chef de file des « députés frondeurs », surnommés « bataillon parlementaire », qui avaient contribué à l’arrivée au pouvoir de Ould Abdel Aziz, ancien ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, ancien secrétaire général de l’UPR, il s’est transformé à une vitesse d’éclair, en un opposant farouche contre celui qui l’a littéralement « créé ».

Création d’une Haute Cour de Justice

Sur le même registre, le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution la création de la Haute Cour de justice (HCJ). Celle-ci complète l’arsenal juridique du pays au moment où l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz fait l’objet d’une enquête pour corruption et mauvaise gouvernance. Ainsi, le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution, la loi organique du 27 juillet 2020, instituant la Haute Cour de justice (HCJ), à travers un arrêt rendu jeudi 5 novembre. Le juge constitutionnel avait été saisi pour se prononcer sur la validité de cette loi le 10 août 2020, conformément à l’article 86 de la Constitution. En déclarant conforme la loi organique de juillet 2020, le Conseil constitutionnel a tenu à rappeler dans le dispositif de sa décision, la première du genre dans l’histoire judiciaire, politique et parlementaire du pays, « les règles en la matière fixées par le Code de procédure pénal (CPP), en particulier celles garantissant les droits de la défense ». La Haute Cour de justice est prévue par l’article 92 de la Constitution mauritanienne adoptée en juillet 1991 et ses différentes retouches. Cette disposition stipule notamment « qu’il est institué une Haute Cour de justice. Celle-ci est composée de membres élus en leur sein par l’Assemblée nationale et des magistrats de l’ordre judiciaire. Une loi organique fixe la composition, les règles de fonctionnement et la procédure applicable devant la Haute Cour de justice ». Cette juridiction est compétente pour juger le président de la République, en cas de haute trahison, et les membres du gouvernement, pour des infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Retour des exilés

Comme souvent le « malheur des uns fait le bonheur des autres », les déboires de Ould Aziz sont concomitants au retour d’exil de ses opposants contre lesquels il avait émis des mandats d’arrêt internationaux. Ainsi Mohamed Ould Bouamatou et Limam Chavi ont pu revenir au pays après plusieurs années d’errance à l’étranger. Rentré le 18 octobre dernier à Nouakchott après douze ans d’exil Moustapha Ould Limam Chaavi a même été reçu en novembre par le Président de la République, Mohamed Ould Cheiklh Ghazouani.

Pénurie de Fruits et légumes

La Mauritanie a connu une pénurie sans précédent de fruits et légumes à cause de la fermeture de la frontière avec le Maroc. En effet, la Mauritanie qui importe ces produits à partir du Maroc a été une victime collatérale du conflit entre ce pays et le Front Polisario, dont des éléments ont fermé l’unique point passage entre les deux pays. Ce point de passage, appelé Guergarate, se trouve en plein Sahara Occidental, à 55 kilomètres de Nouadhibou. Des dizaines de camions marocains, qui se dirigeaient vers la Mauritanie et d’autres pays de l’ouest africain, ont été ainsi bloqués durant plusieurs jours au grand dam des importateurs des pays destinataires. Il a fallu une opération de l’armée marocaine pour que les choses reviennent à la normale. Jusqu’à quand ? En tout cas cet incident a mis à nu la fragilité de notre système économique et l’échec des politiques agricoles mises en œuvre depuis des décennies qui n’ont même pas permis jusqu’à présent de garantir ne serait-ce que notre consommation domestique en fruits et légumes !

Candidature de Ould Yahya à la présidence de la CAF

Il y a encore quelques années, notre pays était un nain dans le monde du football. Sans devenir un géant, nous avons néanmoins franchi de grands pas dans le développement de ce sport dans notre pays. Ce serait donc l’apothéose et une véritable consécration si le principal artisan de ces progrès est élu à la présidence de la Confédération Africaine de Football pour laquelle il s’est porté candidat.

Ailleurs dans le monde

En Afrique, l’année a été marquée par les 3èmes mandats d’Alpha Condé en Guinée et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, entrainant des manifestations qui ont causé des centaines de morts dans le deux pays. Mais, l’événement le plus marquant à l’internationale cette année 2020 aura été la défaite de Donald Trump aux élections présidentielles en Amérique, et surtout son refus de reconnaitre la victoire de son adversaire Jo Biden. En effet, un candidat à l’élection présidentielle – président sortant de surcroit – qui refuse de reconnaitre sa défaite et qui crie à la fraude, ses enfants et sa famille qui attaquent son adversaire à travers les réseaux sociaux, ses partisans qui appellent à la mobilisation et parfois même à l’insurrection, des hommes armés dans les rues, des craintes d’une guerre civile de la part de la communauté internationale et des médias... est un scénario auquel on a fini par s’habituer en Afrique, ou dans une quelconque république bananière en Amérique Latine, mais pas aux Etats Unis d’Amérique où Donald Trump semble s’être trompé de continent.

Disparition d’anciens présidents

Cette année 2020 a été enfin marquée par la disparition de plusieurs anciens chefs d’Etats africains qui ont, chacun à sa manière, marqué l’histoire de leur pays : Moussa Traoré, le tombeur de Modibo Keita qui est resté au pouvoir de 1968 à 1991, et Amadou Toumané Touré, initiateur de la démocratie au Mali, Jerry Rawlings au Ghana, Sidi Ould Cheikh Abdallahi premier Président démocratiquement élu en Mauritanie, Mamadou Tandia inventeur d’une « rallonge de mandat » au Niger, Pierre Bouyoya au Burundi.

Sikhousso


Echos&Confi

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