Sahara occidental : l’ONU invite Maroc et Algérie à relancer la paix

, par  masterEveil , popularité : 23%

L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, l’Allemand Horst Kohler, a invité cette semaine le Maroc et l’Algérie à discuter en décembre à Genève de l’avenir de ce territoire, dans l’espoir de relancer un processus de paix moribond depuis une dizaine d’années.

Les invitations ont été remises vendredi à ces deux pays ainsi qu’au Front Polisario et à la Mauritanie, selon des sources diplomatiques. Ces quatre parties, qui ont jusqu’au 20 octobre pour y répondre, sont conviées pour les 5 et 6 décembre en Suisse.

Selon un diplomate s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, il ne s’agira pas d’"une réunion de négociations", mais d’une "table ronde". L’ordre du jour précis de la réunion n’est d’ailleurs pas détaillé dans la lettre d’invitation. Horst Kohler demande aux destinataires de lui soumettre des propositions à cet égard.

"Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique sur le Sahara occidental", souligne l’émissaire de l’ONU, se montrant confiant sur la possibilité d’une solution.

Pour le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, les lettres ont été envoyées aux ministres des Affaires étrangères. Concernant le Polisario, le destinataire est le secrétaire général du Front.

On ignore pour le moment à quel niveau ils seront représentés à Genève.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès de l’ONU.

Former German president Horst Kohler, pictured speaking to reporters on behalf of the International Monetary Fund (IMF)as IMF Managing Director in 2003, will serve as the UN envoy to Western Sahara 
LUKE FRAZZA (AFP/File)

Nommé en 2017, l’ancien président allemand Horst Kohler a déjà rencontré les différentes parties au conflit en début d’année mais de manière séparée. Fin juin-début juillet, il avait effectué une tournée régionale qui l’avait conduit à Alger, Nouakchott, Tindouf, Rabouni, Rabat, Laayoune, Smara et Dakhla.

Le dernier cycle de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2012. A l’époque, les quatre parties y avaient participé sous un format "2+2", c’est-à-dire les deux belligérants Maroc et Polisario d’un côté, et les voisins, Mauritanie et Algérie de l’autre.

Dans sa lettre, Horst Kohler ne mentionne pas de format particulier concernant la réunion prévue pour début décembre.

Etendue désertique

Cette année, l’Algérie avait fait savoir qu’elle refusait des négociations directes avec le Maroc, que ce pays souhaite depuis longtemps. Le conflit doit être réglé par les Sahraouis et le Maroc, estime Alger qui n’excluait cependant pas d’"accompagner" les deux parties dans leurs discussions. 

Samedi, dans un discours devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, a réaffirmé que l’Algérie considérait que le règlement du conflit au Sahara occidental "ne pouvait être trouvé qu’à travers l’exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination".

L’Algérie espère une "reprise des négociations sans conditions préalables et de bonne foi entre les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable", a ajouté le ministre.

Mardi à la même tribune, le Premier ministre marocain Saad-Eddine el Othmani, avait jugé que le Saharaoccidental était une "source d’instabilité et un obstacle à l’intégration du Maghreb". Il avait demandé à l’Algérie de "prendre ses responsabilités politiques et historiques", l’accusant d’être à l’origine de la crise.

Soutenu par Alger, le Front Polisario indépendantiste réclame un référendum d’autodétermination pour le Sahara occidental, une étendue désertique de 266.000 km2. Cette région dispose d’un sous-sol riche en phosphates et d’eaux poissonneuses.

Le Maroc, appuyé par les Etats-Unis et la France, rejette cependant toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté pour ce territoire, le dernier d’Afrique dont le statut post-colonial n’a pas été réglé.

Rabat avait pris à partir de 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance colonisatrice espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique et combattu les troupes marocaines, jusqu’à un cessez-le-feu conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU.

L’opération de Casques bleus de l’ONU au Sahara occidental qui continuent de garantir ce cessez-le-feu n’a été reconduite en avril par le Conseil de sécurité que pour six mois à la suite de pressions américaines pour avancer vers un règlement de la situation.

Le Conseil de sécurité des Nations unies est à nouveau appelé à se prononcer sur une nouvelle prolongation de la mission à la fin octobre.

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