Sénégal : des ONG renoncent à tenir une conférence de presse sur la Mauritanie

, par  masterEveil , popularité : 22%

Des ONG sénégalaises, dont la section locale d’Amnesty international, ont annoncé jeudi renoncer à tenir une conférence de presse à Dakar sur les droits de l’Homme en Mauritanie voisine en présence de l’opposant mauritanien Biram Ould Dah Ould Abeid.

Les autorités sénégalaises avaient déjà obtenu le report d’une conférence de presse à laquelle il devait participer le 30 septembre, avec des avocats français et mauritanien, selon des ONG sénégalaises, portant notamment sur les procédures visant des opposants à la révision constitutionnelle en Mauritanie.

Auparavant, à Dakar, M. Ould Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), qui dénonce la persistance de pratiques esclavagistes en Mauritanie, avait renoncé à s’exprimer lors d’un nouveau point de presse organisé par Amnesty International Sénégal, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) et la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH).

« Biram n’est pas dans une logique d’embarrasser l’Etat du Sénégal, et c’est pour cela qu’il a choisi de reporter cette conférence », a déclaré le directeur d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama.

« L’Etat du Sénégal nous a exprimé ses préoccupations par rapport à ses activités », a précisé le responsable d’Amnesty.

« Nous ne sommes pas restés insensibles à ces appels », a indiqué M. Gassama. « Nous connaissons l’histoire très heurtée entre le Sénégal et la Mauritanie. Nous avons tous été traumatisés par les événements de 1989 », a-t-il souligné, relevant que « les brouilles entre les deux pays ont toujours des répercussions sur les populations ».

Des violences communautaires entre les deux pays en 1989 avaient fait des centaines de morts en Mauritanie et abouti à des départs forcés de populations de part et d’autre.

Le responsable d’Amnesty a néanmoins insisté sur l’indépendance des ONG et appelé le président Macky Sall à maintenir la « tradition d’hospitalité du Sénégal d’accueillir des personnes persécutées ».

« Il faut que ça soit très clair, pour l’Etat de Mauritanie, pour tous les autres Etats de la sous-région : ce que nous, ONG des droits humains, nous disons au Sénégal, n’engage pas l’Etat du Sénégal, nous ne sommes pas sous la tutelle de l’Etat du Sénégal », a-t-il conclu..
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