Sénégal : rumeurs et informations inquiétantes sur le terrorisme

, par  masterEveil , popularité : 15%

Au Sénégal, si personne ne dément la menace terroriste, la police nationale a néanmoins dû démentir, ce lundi 23 octobre, des informations diffusées par la presse locale au sujet de l’arrestation d’un présumé jihadiste. Ces informations ont provoqué une vague d’inquiétude au sein de la population. Ce citoyen malien a été arrêté à Rosso, poste-frontière où deux Algériens, membres du groupe Etat islamique, ont été interpellés, en septembre, trois mois après leur arrivée au Sénégal.
« L’homme transportait des explosifs », a indiqué une influente radio de la place. « Arrêté grâce aux fins limier des services de renseignement », écrit un quotidien. Des informations inquiétantes pour la population, sauf qu’elles sont fausses. La direction de la police nationale a donc décidé de publier, ce lundi, un communiqué pour mettre fin à ces folles rumeurs reprises par la rue.
« Au moment de son interpellation, ce citoyen malien ne détenait par-devers lui qu’un passeport. Aucune arme de quelque nature que ce soit n’a été trouvée sur lui », écrit la police nationale. L’homme est interrogé depuis vendredi 20 octobre. « Aucun lien avec des groupes jihadistes n’a encore été établi », ajoute la police.

L’arrestation, en juin, de deux membres du groupe Etat islamique

L’arrestation de ce Malien s’est faite au poste de Rosso, à la frontière avec la Mauritanie et c’est au même endroit que deux Algériens, membres du groupe Etat islamique, inconnus des services de renseignement, ont eux aussi été arrêtés, le 9 septembre dernier. Ils avaient été expulsés, par la Turquie, trois mois auparavant, au mois de juin, vers Dakar.
L’affaire n’a pas fait de bruit, mais il y a eu visiblement un sérieux problème d’organisation entre les policiers turcs et sénégalais. Lorsque ces deux Algériens sont arrivés à Dakar, les forces de police du Sénégal, pourtant prévenues, les ont laissés partir de l’aéroport. Les deux hommes vont rester dix jours dans la capitale avant de filer en Mauritanie. Depuis, ils étaient activement recherchés et c’est à leur passage au poste frontière de Rosso, grâce au système pour relever les empreintes qu’ils ont été immédiatement appréhendés, début septembre. Sur eux, des vidéos d’allégeance mais aussi de tortures et des listes de contacts.
Ramenés à Dakar, placés sous mandat de dépôt, les deux hommes sont, depuis un mois, « débriefés » par des agents du renseignement. Ces derniers cherchent à connaître et à comprendre leurs activités durant trois mois mais aussi à savoir s’ils ont des complicités ou bien s’ils ont cherché à recruter d’autres éléments.
Fichés en Algérie, comme appartenant à des groupes terroristes, les deux hommes auraient demandé leur extradition vers le Sénégal pour éviter une condamnation. Jointe par RFI, la police indique n’avoir pas encore communiqué sur ce dossier.

RFI