Sénégal : un fauteuil pour 85 candidats à la présidence

, par  masterEveil , popularité : 14%

Au Sénégal, l’élection présidentielle connaitra la participation de 85 personnes. Une situation embarrassante qui participera à l’augmentation du coût de l’organisation de cette élection.

Le nombre des potentiels candidats à l’élection présidentielle de février 2019 au Sénégal est estimé à ce jour à 85, a-t-on appris cette semaine auprès d’une source au ministère sénégalais de l’intérieur. Ce lundi 27 août, dans le pays, a commencé la campagne de collecte de parrainages conformément à la nouvelle loi électorale votée en avril dernier.

Pour l’élection présidentielle de février prochain, le Sénégal risque d’atteindre un record de candidatures enregistrées. Selon des sources internes au ministère sénégalais de l’Intérieur, les prétendants au fauteuil présidentiel à ce jour sont au nombre de 85. Lundi, les représentants de 85 « candidats à la candidature » se sont présentés pour récupérer les fiches de collecte des signatures au ministère, a déclaré à la presse locale, Bernard Casimir Demba Ciss, un des responsables au ministère. Confirmant plus ou moins l’information, Aminata Touré, déléguée de la majorité et ex-première ministre, embarrassée par cette pléthore de prétendants à la présidence, a parlé plutôt de 81 potentiels « candidats », estimant que c’était « beaucoup ».

Cet état de chose intervient alors que ce lundi dans le pays, a démarré la campagne de collecte de parrainages. Devant durer « au moins quatre mois », jusqu’à la période prévue pour le dépôt des candidatures, « entre le 11 et le 26 décembre », selon Ciss, elle devrait permettre aux prétendants de recueillir le parrainage de 0,8% à 1% du corps électoral, soit environ 52.000 signatures, réparties dans au moins sept des 14 régions du pays, soit 2.000 par région au minimum. Cette campagne répond aux nouvelles dispositions de la loi votée en avril dernier.

La réforme d’avril 2018 insuffisante

En étendant l’exigence des signatures à tous les candidats (non plus uniquement à ceux de la société civile), les autorités sénégalaises espéraient éviter le foisonnement des candidatures que le pays a connu en 2017 lors des élections législatives. Les électeurs devaient alors choisir entre 47 listes, une situation qui pose des problèmes d’organisation. La nouvelle loi n’a finalement pas permis de limiter les dégâts. Il faudra néanmoins attendre que ces prétendants puissent réunir le nombre de signatures requis, pour payer leur caution (30 millions de francs CFA soit environ 45.000 euros), et faire valider leurs dossier par le Conseil constitutionnel sénégalais.

On sait cependant déjà que certains ténors qui étaient attendus, risquent de ne pas être en mesure de se présenter à l’élection. C’est le cas du maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné à cinq ans de prison pour détournements de fonds publics et qui doit attendre jeudi le verdict de son procès en appel, ainsi que Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade. Celui-ci condamné en 2015 à six ans de prison pour « enrichissement illicite », a vu sa demande d’inscription sur les listes électorales rejetée le 2 juillet dernier. Difficile d’être candidat dans ces conditions.

afrique.latribune.fr/afrique


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