Symptômes du Covid-19 : des personnes guéries partagent leur expérience

, par  masterEveil , popularité : 0%

Des personnes guéries après leur infection au Covid-19 ont accepté de témoigner, de partager leurs diverses expériences de la maladie avec la BBC.

Avec plus de 3 millions de cas confirmés d’infections au Covid-19, l’Afrique a recensé plus de 85 278 décès à la date du 24 janvier 2021, dont plus de 2 millions de guéris, selon les chiffres de la CDC Afrique.

Parmi ces nombreuses personnes guéries, 2 903 296 au 24 janvier dernier, selon CDC Afrique, se trouvent nos témoins qui ont consenti à parler de leur expérience.

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La principale inquiétude de Lucie était de ne pas disposer d’un oxymètre.

Pour Lucie, une française d’origine congolaise, vivant seule à domicile, l’expérience était particulière. Selon elle, tout a démarré par "une grosse toux sèche" qui va tout changer.

"J’ai d’abord eu les symptômes, et après j’ai vu le médecin qui m’a prescrit le test qui était positif. Subitement, je me suis mis à tousser avec une sensation d’étouffement. Je n’ai pas eu de maux tête, ni perdu l’odorat ou l’appétit, pas de douleur ou de fatigue. Je n’ai pas eu de tout ça. C’est vraiment la grosse toux. Je n’ai pas eu peur parce que dès que j’ai commencé à tousser, j’ai démarré mon traitement. Ma seule inquiétude était de ne pas disposer d’un oxymètre pour mesurer le taux d’oxygénation de mon sang. Les médecins disaient qu’on pouvait avoir l’hypoxie silencieuse", c’est-à-dire avoir moins d’oxygène dans le sang sans le sentir. Après ça s’aggrave et c’est là qu’on a du mal à respirer. Et que les gens meurent étouffés.

Comment puis-je savoir si le vaccin Covid est sûr ?

"Je me testais moi-même à prendre alors une respiration profonde pour voir si tout allait bien, si j’étouffais. Comme on suit les informations et qu’on a décrit les symptômes de la maladie, et que nous étions surtout sensibilisés à soupçonner le Covid dès qu’il y avait un rhume, j’avais pris les devants. On nous conseillait aussi de nous isoler pendant sept jours quand nous étions testés positifs. C’est ce que j’ai fait. Et je me suis ajouté un huitième jour pour être assurée que je n’étais plus contagieuse. Mais le médecin m’avait suggéré de me surveiller la deuxième semaine parce qu’on pouvait aller mieux et faire une rechute après. Les gens m’appelaient toujours pour demander des nouvelles. Et souvent quand j’avais besoin de quelque chose, on me l’amenait, mais à la porte".

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Mamadou Sarr, sénégalais, chef de projet (47 ans)

"Quand j’ai eu les premiers symptômes au Burkina, j’ai pris les devants"

Mamadou Sarr fait partie des premiers sénégalais testés positifs au Covid-19

Marié et père de quatre enfants, Mamadou Sarr est l’une des premières personnes à contracter le virus en mars 2020, au cours d’une mission au Burkina Faso.

Ce qui l’a le plus marqué, dit-il, c’est la stigmatisation de la part de son entourage, dans son quartier. Il explique ici comment il a pris sa responsabilité et son courage à deux mains pour alerter sa famille.

Elle est en forme, jeune, et a souffert de Covid pendant des mois

"... J’avoue que quand le téléphone sonne et qu’on t’annonce que tu es positif, tu vois ta vie se défiler devant toi. C’est un sentiment qu’on ne peut pas décrire, il y a beaucoup de peur et d’incertitude... En réalité, quand j’ai eu les premiers symptômes au Burkina, j’ai pris les devants. J’ai appelé ma famille au Sénégal pour leur dire que j’avais des symptômes qui s’apparentaient au Covid, je n’étais pas certain. J’ai demandé à ma femme d’aller chez ses parents, avec les enfants. A mon retour, on disait qu’il fallait rester confiné pendant quinze jours à l’issue desquels on pouvait sortir. C’est ce que j’ai fait. J’étais en mission avec un collègue et on est resté confinés chez moi pendant quinze jours".

Guéri, Mamadou Sarr témoigne de son expérience du Covid-19

C’est après les quinze jours de confinement que le moment de vérité sonne pour M. Sarr qui s’apprêtait après ce long sevrage à retrouver sa famille.

"A l’issue du confinement, en route pour aller prendre ma famille, je rencontre une connaissance qui m’a dit qu’il est resté confiné pendant quinze jours et est toujours malade. Donc, finalement je ne suis pas allé prendre ma famille. Je suis retourné chez moi. Et j’ai insisté que l’on fasse le test et c’est à l’issue du test là que j’ai été déclaré positif. C’est seulement ma femme que j’avais informé dans ma famille pour ne pas susciter trop d’inquiétudes. Mais ils ont été très compréhensifs quand ils l’ont su et cela m’a beaucoup aidé à recouvrer rapidement ma santé."

Coronavirus et stigmatisation : "On m’évitait par peur du coronavirus"

Toutefois, le psychologue de formation a souffert de stigmatisation, lui venant des personnes avec lesquelles il vit dans le même quartier.

"... Mes collègues et mes amis ont été très présents. Ce qui m’a choqué au début, c’est que là où j’habite, il y a eu de la stigmatisation surtout le jour où il y a u une équipe qui s’était déplacé pour venir prendre le test. Il y a eu beaucoup de stigmatisation. Le premier jour quand j’étais à l’hôpital, les gens m’appelaient uniquement pour savoir si je ne les avais pas contaminés. Je l’avais très mal vécu et c’est la raison pour laquelle quand je suis sorti de l’hôpital, j’avais décidé de ne pas me taire. Peut-être que j’ai les armes pour faire face mais, il y a d’autres qui n’ont pas les mêmes atouts que moi."

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Renée Zentar, française vivant en Côte d’Ivoire (61 ans)

"Ma seule inquiétude était de me débarrasser de ces migraines"

La française Renée Zentar a été infectée à Abidjan où elle vit depuis longtemps.

Vivant en Côte d’Ivoire depuis un certain temps, la française Renée Zentar Rica a eu sa propre expérience du Covid-19 lorsqu’elle était en congé, fin juin.

Traitée au début au Doliprane, au Paracétamol et aux antibiotiques par son médecin, l’enseignante a finalement découvert que ce traitement était complètement inefficace.

Après une radio des poumons, les médecins avaient découvert qu’elle avait des lésions qui étaient typiques du Covid-19.

Même si elle n’avait toujours pas de détresse respiratoire, Renée Zentar Rica sentait des migraines "atroces", une fièvre pendant 48 heures et une toux sèche.

Ecouter le témoignage intégral de Renée Zentar :

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Rescapée du Covid, Renée Zentar témoigne pour BBC Afrique

"Je suis allée faire un test qui s’est avéré positif. J’ai arrêté le Doliprane parce que c’était absolument inefficace. Je n’avais pas senti grand-chose. J’avais banalisé la situation. Très vite je me suis rendu compte que je n’avais pas de détresse respiratoire. Je sais que les symptômes peuvent survenir une semaine plus tard mais plus les jours passaient, je me rendais compte que la toux n’était pas mon souci principal. J’avais surtout très mal à la tête. Et au bout de treize jours de migraines, c’est quand même assez long. Au dixième jour, je me demandais s’il arriverait que je n’ai plus les migraines. Ma seule inquiétude était est-ce que j’arriverais à me débarrasser de ces migraines."

"Mon mari et mes enfants sont en France. Mon mari a été testé positif mais il était quasiment asymptomatique. Il a eu un peu mal à la tête aussi, un peu de toux, mais ça a duré 24 heures. J’ai eu de la fièvre mais seulement pendant 48 heures... On était assez renseigné pour savoir que s’il n’y a pas de détresse respiratoire, ce n’était pas gravissime..."

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Saint Merlin Youdom, Cameroun(36 ans)

"J’avais comme l’impression que tout devait s’arrêter"

St Merlin Youdom a écrit un ouvrage "Sorti du piège de la Covid-19" pour raconter son expérience.

Ayant pensé au début de ses maux de tête qu’il était atteint du paludisme, Saint Merlin Youdom, après persistance des symptômes de sa maladie, avait aussi pensé à la fièvre typhoïde.

Il ne s’était jamais imaginé qu’il avait contracté le virus du Covid-19, au point d’arriver au seuil de la détresse respiratoire.

Les pays riches "s’accaparent les vaccins Covid"

"J’avais perdu l’appétit et j’ai commencé à avoir des problèmes respiratoires. Dès le départ je l’avais confondu à un mal gastrique, donc c’était des soucis gastriques parce que quelques temps auparavant j’avais une fois eu un petit malaise ayant consommé des aliments difficiles à digérer... Et après j’ai passé des nuits très difficiles parce que j’étais obligé de me coucher sur le dos pour essayer de respirer. Je ne pouvais pas dormir une fois que je basculais d’un côté. C’étais extrêmement difficile. J’avais comme l’impression que tout devait s’arrêter..."

Qu’est-ce que la ’’coronasomnie’’ ?

"Pour mon hospitalisation, je crois que j’ai eu beaucoup de chance. D’ailleurs, je voudrais rendre hommage au docteur Kemme Kemme Marileine qui a préfacé mon ouvrage, que j’ai la chance de connaitre depuis pas mal de temps. Une fois que je commence à avoir mes premiers soupçons, je la contacte... C’est elle qui a exigé que je fasse le test auquel j’avais difficilement accès..."

Après le test qui s’est avéré positif, dit-il, le problème fondamental était la prise en charge. Il n’y avait pas de place disponible à l’hôpital.

Mais le sort et les conseils du docteur Kemme Kemme Marileine, qui était responsable à l’époque des isolements, lui ont finalement été d’un grand apport, dit-il à Richard Onanena, notre correspondant au Cameroun.

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St Merlin Youdom, originaire de RDC, est un miraculé du Covid-19

Séssimé, artiste, compositeur-interprète, Bénin (37 ans)

"J’ai remarqué que dès que je faisais quelques marches sur les escaliers, j’étais essoufflée"

La chanteuse Séssimé a pourtant participé à un clip de sensibilisation dans son pays.

De son vrai nom à l’état civil, Christelle Guédou Bidossessi, la chanteuse béninoise, a elle aussi été infectée par coronavirus.

Et pourtant, dans un élan civique, elle a prêté sa voix à une chanson collective des artistes de son pays en sensibilisation contre le Coronavirus.

Elle est ici interrogée par Rachida Houssou, notre correspondante au Bénin.

"Il faut dire que j’avais quelques symptômes, des courbatures. Je suis assez sportive d’ordinaire mais j’ai remarqué que dès que je faisais quelques marches sur les escaliers j’étais essoufflée et fatiguée. J’avais comme l’impression que c’était la grippe que j’avais. J’avais un sentiment d’étouffement. Et j’ai trainé cette grippe sur plusieurs jours. Je trouvais que malgré tous les médicaments, ça ne passait pas. Avec Rhinogrippe, Fervex, tout ça là, il n’y avait aucune amélioration. La fièvre était toujours là. J’ai même acheté un test de grossesse parce qu’à un moment donné, je me suis dit que j’étais peut-être enceinte. C’était négatif. Et là je me suis : sois c’est le palu, soit c’est le Covid..."

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La chanteuse béninoise Séssimé est guérie du Covid

Oke Soulé, étudiant en Anglais, Bénin (26 ans)

"Tout a commencé comme un paludisme. J’étais allé à la pharmacie chercher de la Maloxine que j’ai utilisé pendant trois jours. Au deuxième jour, j’avais senti que j’avais des écoulements nasaux. Et c’est en suivant France 24, que j’ai su que les écoulements nasaux faisaient partie des symptômes. C’est en ce moment que j’ai appelé le SAMU qui m’a envoyé dans un centre de traitement où mon test sanguin était revenu négatif. C’est avec le test PCR que j’ai été positif au coronavirus. J’avais vraiment très peur… "

Oke Soulé raconte comment il a été sauvé du Covid-19

Au moment où l’Afrique attend ses premiers vaccins du programme Covax, nombreux sont ceux qui, dans le continent, croient encore à la théorie du complot, pour ce qui concerne cette pandémie.

Mais à ceux ou celles-là qui en doutent toujours, Renée Zentar rappelle que la maladie existe bien et qu’elle est toujours là.

Tout comme nos aimables témoins qui ont survécu à la maladie, elle demande le respect des gestes barrières : le port du masque, le lavage des mains, le respect de la distanciation physique, entre autres.

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