Tasiast Mauritanie : la grève annoncée est-elle réfléchie ?

, par  Webmastrer , popularité : 12%

Alors que les discussions étaient encore engagées entre la direction de Tasiast Mauritanie et les délégués syndicaux, un préavis de grève à partir (du mercredi 25 mai 2016) a été brandi, menant alors les contacts à un échec. En fait les délégués refusent de croire aux arguments de la direction de Tasiast sur les pertes record qu’elle subit depuis la chute draconienne du cours de l’or et revendiquent même de nouvelles mesures en faveur des employés.

Depuis la chute du cours de l’or, la société Tasiast Mauritanie fait fasse à de nombreuses difficultés liées essentiellement à ses charges d’exploitation. Ainsi, en 2015, la mine a enregistré une perte opérationnelle de 31,5 milliards UM du fait de ses coûts de production, les plus élevés parmi toutes les opérations de Kinross à travers le monde. Des pertes qui ont suivi les mauvais résultats depuis 2013, ayant conduit déjà à 2 plans sociaux. Mais encore, du fait des pertes colossales, cette société a appliqué des changements limités au système collectif de rémunération suite à l’échec des négociations avec les Délégués du personnel pour définir une nouvelle convention collective d’établissement.
Comprenant la moue des travailleurs à qui on demande encore un effort, Tasiat soutient que les nouvelles mesures sont inéluctables. La réduction des charges, dont les coûts de la main d’œuvre, vise à rendre viable sur le long terme, TMLSA (Tasiast Mauritanie Limited S.A).
Ainsi ce nouveau plan de réduction des coûts concerne tous les postes de dépense de la mine, y compris les sous-traitants. Ce plan s’applique également aux coûts liés à la main d’œuvre.
Après échec des négociations, la société Tasiast Mauritanie a décidé d’exercer ses droits pour apporter des changements limités au système collectif de rémunération là où la Direction pense pouvoir légalement le faire :
- la Société va continuer à payer 75% de l’ITS de chaque employé. Mais au lieu d’être un avantage net, l’ITS sera payé comme un avantage brut et donc soumis à l’impôt comme tout avantage ;
- tel que précédemment approuvé avec les Délégués, le bonus trimestriel de production sera limité à un maximum de 30 jours en fonction des performances de production ;
- tel que précédemment approuvé avec les Délégués, l’indemnité pour compenser l’inflation (COLA) ne sera pas payée que si la Société réalise des profits. Elle ne sera donc pas versée pour l’année 2016. .
Aucun changement ne sera apporté au salaire de base, au calcul des heures supplémentaires et au 13ème mois. Les employés de Tasiast continueront à être payés un total de 17 mois pour 12 mois de travail. Au final, ces changements réduiront en moyenne d’environ 20% la rémunération totale, en fonction des performances de production, au lieu des 30% de réduction tels qu’initialement proposés par la Société.
La partie adverse elle (les délégués), demandent la révision du taux des heures supplémentaires, la création d’un système de retraite complémentaire en plus de l’augmentation des jours de congés pour raisons familiales.
Les délégués ont également insisté sur la nécessité d’ouvrir deux boutiques, l’une à Nouakchott et l’autre à Nouadhibou, de mettre en place une politique d’habitat social et l’élargissement de l’assistance médicale pour les employés et une augmentation des salaires.
Ces délégués ne veulent en aucun vas revenir sur les avantages acquis des employés (prise en charge de l’ITS et les bonus) et indiquent que des réductions pourraient être faites sur les émoluments des expatriés et la gestion des stocks.
L’on voit alors que les positions des uns et des autres sont éloignées et que la grève pourrait être enclenchée dans quelques heures.
La grève, un droit syndical, qui ne va en faveur d’aucune des parties pourrait avoir un impact négatif pour l’exploitation minière qui souffre déjà de la chute du cours de l’or.
N’oublions pas que les employés de Tasiast Mauritanie sont parmi les mieux payés dans le pays. Le moins bien payé touche plus de 700 mille ouguiyas, plus de 7 fois le salaire moyen d’un fonctionnaire. Il serait alors judicieux de concourir à préserver ces emplois et de concourir à les rendre pérenne.

BOM


Echos&Confi

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