Tekber Mint Oudeika, une femme à la tête du tribunal du travail

, par  masterEveil , popularité : 14%

Une femme va pour la première fois présider un tribunal en Mauritanie, après la désignation par le Conseil suprême de la magistrature de Tekber Mint Oudeika à la tête du tribunal du travail de Nouakchott, a rapporté l’AFP de source judiciaire. Nommée juge en 2015, elle était depuis lors conseillère au tribunal de commerce de la capitale mauritanienne.

Une femme à la tête d’un tribunal en Mauritanie ! C’est une première dans le pays. A 37 ans, après des études de droit à Nouakchott et au Maroc, et trois ans après avoir été nommée juge, Tekber Mint Oudeika, ancienne présentatrice de Radio Mauritanie, prend à partir du 18 mai 2018 la tête du tribunal du travail de Nouakchott.

Une femme dans un milieu judiciaire largement dominé par les hommes
Elle était la seconde femme à devenir juge, après la prestation de serment, en 2013, de sa collègue Oumama Mint Cheikh Sidya, dans ce pays musulman d’Afrique de l’Ouest où s’applique la charia (la loi islamique) et où les femmes n’ont jamais joué de rôle prépondérant dans le domaine de la justice.

Le milieu judiciaire mauritanien est ainsi très largement dominé par les hommes : sur 300 avocats, moins d’une dizaine sont des femmes. Chez les magistrats, les chiffres ne sont guère plus reluisants... elles ne sont que trois sur 250.

Parmi elles, Tekber mint Oudeika qui prend donc aujourd’hui la tête du Tribunal du travail et qui confie avoir des dizaines de fois entendu dire autour d’elle que « magistrat, ce n’était pas un poste qu’une femme pouvait occuper » !

Un tribunal qui ne statue pas sur la base de la charia
Mais l’intéressée se dit confiante de voir la situation évoluer favorablement. Sa nomination au tribunal du travail n’est pas anodine. Ce tribunal statue non pas sur la base de la charia mais sur celle du code du travail et des conventions collectives.

« Un poste plus adapté » à une femme, confie un juriste qui pointe la difficulté encore aujourd’hui de voir une juge présider une cour pénale.

Autre particularité, dans ce tribunal, elle sera la seule juge, ses conseillers ne sont pas des magistrats mais des représentants des employeurs et employés. Cette spécificité lui évitera d’avoir, à son jeune âge, à diriger d’autres juges plus âgés.

« C’est toute la finesse de cette nomination », commente un avocat qui voit là un moyen pour briser les tabous sans bousculer les mentalités les plus rétrogrades.


Echos&Confi

Les femmes bien loties dans le (...)