Tenue d’un dialogue social : De vives réticences

, par  masterEveil , popularité : 0%

De vives réticences sont nourries à l’égard du dialogue social que projette d’organiser dans les jours à venir le gouvernement. Qualifiée de « fuite en avant » par plusieurs observateurs, cette concertation sera axée sur deux sujets jugés par les organisateurs, « d’extrême importance », à savoir l’unité nationale et le développement. Il était essentiel, de l’avis de certains politiques, de convoquer un dialogue politique inclusif pour débattre des questions de l’heure. Signalons que ce dialogue social intervient après une large concertation entamée par le Président Mohamed Cheikh El Ghazouani qui a reçu bon nombre d’acteurs de la scène politique et sociale.

Toutefois, les nombreuses interrogations tournent autour dela signification et la portée de cette volonté politique de Ould Ghazouani de tenir ses assises réduites au volet social et annoncées par l’UPR. En effet, c‘est le président de l’Union Pour la République, Sidi Mohamed Ould Taleb Omar, qui a informé les instances et les députés de sa formation de la décision du Président Ghazouani d’organiser incessamment un dialogue social. Selon des informations relayées par Alakhbar, Ould Taleb a appelé, lors d’une réunion avec ses députés, jeudi 07 janvier 2021, à se préparer à ce conclave. Le patron de l’UPR a fait savoir à ses députés que ce dialogue n’est pas politique, mais que ses sujets se limiteraient plutôt aux questions sociales. Le dialogue portera sur les questions d’unité nationale et de développement. Des invitations seront bientôt adressées dans ce sens aux différentes forces nationales. Il s’agira notamment d’en définir clairement les contours et d’en consolider les bases, estiment certains commentateurs.
Plusieurs partis et forces politiques ont appelé depuis l’arrivée au pouvoir du Président Ghazouani à organiser un dialogue national traitant de diverses questions du pays. Des analystes n’hésitent pas à recadrer le débat en le qualifiant de « vœu pieux » et dénoncent une volonté du parti UPR de brouiller les cartes de l’opposition au lieu de mettre en avant un dialogue national où toutes les questions qui minent l’unité nationale et la cohésion sociale seront traitées sous la houlette du Chef de l’Etat et de son gouvernement et non du parti. « Comment peut-on discuter de l’unité nationale en dehors du cadre politique. Ce dialogue social dont il est question est encore une énième fuite en avant du système raciste et esclavagiste qui nous gouverne. Les problèmes de la Mauritanie sont éminemment politiques et on ne peut les résoudre autrement que par un dialogue politique franc et inclusif. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un autre Aleg pour en finir définitivement avec le racisme d’Etat. Pour cela toutes les options doivent être mises sur la table, sans tabou », estime Dr. Alassane Dia président de la Coalition Vivre Ensemble (CVE)/Vérité et Réconciliation. Pour Lô Gourmo Abdoul, premier vice-président de l’UFP, « les patriotes et les démocrates du pays travaillent d’arrache-pied pour faire avancer la juste cause de notre peuple multinational pour un développement harmonieux et durable sur la base de l’égalité complète entre tous les citoyens, sans distinction de race, d’ethnie, de tribu ou de région. C’est le sens même du consensus national que cherche la quasi-totalité de la classe politique, en dépit des différences normales qui existent entre ses composantes. Le scepticisme ambiant entretenu par l’APPARENTE passivité de cette classe politique cédera la place à l’optimisme, lorsque les premières lueurs de la concertation nationale commenceront à chasser les ombres du doute et de la suspicion. Le dialogue politique est une nécessite d’ores et déjà acceptée par tous. Il faut y croire et continuer à y travailler avec confiance, sans tambour ni trompette. L’avenir immédiat de notre pays en dépend très largement. Il faut maintenir le cap. Il est bon. Pour ma part, je persiste dans mon optimisme de voir les choses évoluer dans le bon sens pour notre pays. Incha’Allah’’, a-t-il prédit.
Pour rappel, plusieurs partis et forces politiques ont régulièrement appelé, depuis l’arrivée au pouvoir du président Ould Ghazouani, à l’organisation d’un dialogue inclusif traitant les diverses questions nationales.

Saydou Nourou T.


Echos&Confi

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