Transport urbain à Nouakchott : Entre colère et satisfaction

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Se rendre à son travail ou rentrer chez soi après les heures de boulot est devenu un véritable casse-tête pour les milliers de Nouakchottois qui, des heures durant, attendent au bord des routes qu’un hypothétique taxi accepte de ralentir. 

En effet le secteur du transport urbain à Nouakchott est surtout victime selon certains des agents du GGSR pour d’autre l’Etat est le seul responsable de cette situation depuis l’instauration du permis vert. Désormais seuls les titulaires du permis de transport de couleur verte sont autorisés à conduire les voitures de transport public. Ceci explique la désorganisation des transporteurs. Pour d’autres, cette situation est caractérisée par l’indiscipline des chauffeurs.
Force et de reconnaitre qu’en dépit des différentes tentatives de réorganiser le secteur l’Etat s’est toujours heurté à l’entêtement et au manque de civisme des Mauritaniens. Néanmoins, avec la création du fameux permis vert il urge de prendre des mesures adéquates afin de régler cette problématique du transport.
L’austérité avec laquelle les éléments du GGSR font le contrôle est la principale cause du manque de taxi dans la capitale selon les différents témoignages que nous avons pu recueillir auprès des citoyens.

Réactions

- Mohamed Limame Tah
Selon moi la solution n’est pas entre les mains des agents du GGSR qui profitent du week-end pour immobiliser les véhicules afin de leur faire payer une taxe pour le week-end.
Même si on note une présence massive des agents du GGSR au niveau des carrefours on constate une inefficacité dans la fluidité du trafique avec à la clé des embouteillages montres aux heures de pointe.
Il semblerait qu’ils ne disposent pas de fiche budgétaire, c’est ce qui explique leur acharnement sur les automobilistes afin de multiplier les entrées pour être payé à la fin du mois.
Par ailleurs, je tiens à souligner l’indiscipline des chauffeurs qui conduisent et stationnent comme ils veulent. La solution n’est pas pour aujourd’hui.

- Mamadou lamine
Je travaille en tant que taximan depuis plus de 15ans en Mauritanie et voilà que je me retrouve à la rue et je n’ai d’autre solution que de rentrer au Sénégal. L’instauration du permis vert n’est autre qu’un moyen déguisé de refouler les étrangers. Beaucoup de sénégalais se retrouvent ainsi derrière les barreaux parce qu’ils ont été arrêtés trois fois sans le précieux permis vert que seuls les détenteurs de la nationalité mauritanienne ont droit. Donc l’Etat mauritanien est seul responsable de la crise du transport que vit le pays. Il faut trouver une solution pour permettre aux étrangers de faire le taxi.

- Un jeune recru du GGSR sous couvert de l’anonymat
Les gens sont entrain de faire du bruit pour rien, ils ne savent pas ce qu’ils veulent exactement. Il y a quelques années, les mauritaniens criaient pour dire que personne ne peut faire régner l’ordre dans le domaine du transport. Et maintenant que nous arrivons à faire respecter aux différents conducteurs le respect des règles du code de la route en mettant à la fourrière tout véhicule ne disposant pas de ses pièces au complet, les mauritaniens crient au scandale. Que veulent-ils ? Vivre dans l’anarchie et le désordre ? Conduire, stationner n’importe où ? Ce temps là est révolu en tout cas tant que nous assureront la circulation.
A la question : Il semblerait que vous vous acharnez sur les véhicules pour être payé à la fin du mois, car vous ne disposez pas de fiche budgétaire ? Il respire un grand ouf et dit : « tu veux créer des problèmes, le devoir m’appelle ».

- Alioune Sow
Mauritanien d’une cinquantaine d’année exhibant son permis vert et fier de lui, il se réjouit de cette situation. Personnellement, je travaille tranquillement, les agents du GGSR font leur travail correctement. Je dispose de mes pièces au complet. Les gens sont habitués à trop de facilité.

- Amadou Diop
Cette situation est d’autant plus grave parce que même les éléments de la Garde nationale s’en mêlent. N’est pas taxi tous les véhicules de marque Mercedes 190, alors que je rentrais de l’hôpital national avec ma famille disposant de mes pièces au complet, la patrouille de garde du carrefour Yero Sarr m’arrête et me demande les pièces de la voiture. Ce que j’ai fait sans aucun problème. Alors le garde me posa une question, qui sont ces gens-là dans la voiture ? Je réponds : ma femme et ma sœur. Me croyant pas il alla demander si ces dernières me connaissaient, alors il revient vers moi et me dit que je suis taximan et immobilisa alors le véhicule il a alors fallu l’intervention d’un gendarme et d’un militaire pour libérer ma voiture. Auparavant, il m’a grondé et m’a dit des mots déplacés alors que s’il était en civile il n’ose pas me regarder. Je lance ici un appel aux a autorités pour qu’ils rappellent leurs éléments à l’ordre et respecter les gens. Ils doivent veiller sur nous et ne doivent pas représenter des menaces pour les populations. 

Mountaga Diop