Un intellectuel mauritanien commente l’entretien accordée à RFI par le Président béninois

, par  masterEveil

Dans une interview accordée à Radio France International et diffusé ce jour (Voir Site RFI) le Président du BENIN Monsieur PATRICE TALON a répondu aux questions de CHRISTOPHE BOISBOUVIER. Parmi tant d’autres questions je me suis intéressé à trois d’entre elles tenant compte de leur similitude avec le cas Mauritanien


Question : Puisque vous dites que c’est un blocage de la part de vos adversaires politiques, et non pas du peuple, est-ce que désormais vous allez vous tourner vers le peuple ? Est-ce que vous allez le consulter par référendum ?
Réponse :
Malheureusement, non, ce n’est pas possible. Au Bénin, notre Constitution ne permet pas qu’on aille au référendum sans un vote préalable du Parlement, aux trois quarts.

Question : Donc il n’y aura pas de révision de la Constitution du Bénin avant le terme de votre mandat, c’est-à-dire avant 2021 ?
Réponse :
Mais oui, il n’y aura pas de révision parce que le Parlement refuse même d’aller au référendum.

Question : Du coup, puisque les députés vous refusent ce mandat unique, est-ce que vous allez vous représenter en 2021 ?
Réponse :
Ce qu’il faut noter, c’est que j’ai une proposition qui n’est pas passée. Je m’incline. J’accepte, c’est vrai avec beaucoup de tristesse, mais sans amertume. Ceci dit, ma proposition n’est pas passée, je ne veux pas m’extirper de ce qui est la règle générale. Donc j’aviserai en 2021, je verrai bien ce que je ferai.
Sachant que les ex colonies françaises tirent en grande majorité leur constitution et la majeure partie de leur lois de la puissance coloniale je me suis intéressé à la constitution béninoise que j’ai pu lire entièrement sur le net pour voir si le Président du BENIN aurait pu à travers la constitution faire une interprétation d’un article pouvant lui donner la possibilité de s’adresser directement au peuple après le vote de défiance que lui a fait subir son parlement.
Et j’ai trouvé cet article qui est presque identique à notre article 38 et qui dit ceci :


TITRE III : du pouvoir exécutif
Article 58

Le Président de la république après consultation du Président de l’assemblée Nationale et du Président de la cour constitutionnelle peut prendre l’initiative du référendum sur toute question relative à la promotion et au renforcement des droits de l’homme, à l’intégration sous régionale ou régionale et à l’organisation des pouvoirs publics (fin de citation)
Beaucoup plus loin un autre article :

TITRE XI : de la révision
Article : 154

L’initiative de la révision de la constitution appartient concurremment au Président de la république après décision prise en conseil des Ministres et aux Membres de l’assemblée Nationale pour être prise en considération.
Le projet de la proposition de révision doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’assemblée Nationale.(fin de citation)
La question qui se pose est de savoir si le Président du BENIN s’est laissé faire alors qu’il avait la possibilité d’user de son article 58 comme notre Président et ses juristes avec leur article 38 ou bien il s’agit d’un intellectuel hautement cultivé qui respecte les institutions de son pays ?

Yacoub Ould Ahmed