Une marche des rapatriés pour crier leur colère

, par  Webmastrer , popularité : 18%

Une centaine de Mauritaniens, rapatriés du Sénégal où ils avaient été forcés à l’exil à la fin des années 1980, ont parcouru plus de 300 kilomètres à pied, de Bogué à Nouakchott. Ils ont effectué cette longue marche pour dénoncer des promesses non tenues depuis leur retour au pays, entre 2008 et 2012.

La principale promesse qui n’a pas été tenue, disent les rapatriés du Sénégal, c’est celle d’obtenir rapidement des papiers d’identité. Beaucoup d’entre eux n’ont toujours pas été enregistrés. Or, le processus d’enrôlement, comme on l’appelle en Mauritanie, est pourtant l’étape indispensable pour obtenir une carte d’identité biométrique et tous les droits qui l’accompagnent.

C’est ce que nous explique Mamadou Ouane, instituteur rapatrié en 2011 : « Le premier problème qui se pose c’est au niveau de l’Etat civil. Sur 24 800 personnes, il y en a à peine 8 000 qui sont en possession de leurs papiers ».

Difficile réinsertion

Il y a ceux qui n’ont pas de papiers, mais aussi ceux qui n’ont toujours pas de maison et qui continuent à vivre dans des hangars ou sous des tentes, sans eau ni électricité. Beaucoup attendent aussi toujours des récupérer leurs biens et leurs terres, accaparés par d’autres au moment de leur exil forcé.

Se pose aussi la question de la réinsertion des fonctionnaires et de l’indemnisation des éleveurs. Un problème qui concerne directement Ibrahim Indiai, instituteur, président de l’Association des rapatriés du Sénégal.

« Beaucoup de ces fonctionnaires n’ont pas été reclassés. Par exemple, moi j’avais le premier échelon quand je suis revenu. Je suis toujours au premier échelon. La plupart des personnes qui sont déportées sont des éleveurs. On n’a pas pensé à indemniser ces gens », expose-t-il.

La marche dispersée par les forces de l’ordre à Nouakchott

Les autorités locales et le gouvernement ont été alertés à plusieurs reprises par les rapatriés, mais en vain. « Soit nous ne sommes pas compris, soit le chef de l’Etat n’est pas bien informé », disent aujourd’hui ceux qui comptent sur cette marche pour qu’une solution rapide soit trouvée.

A leur arrivée à Nouakchott, les marcheurs ont été dispersés par des gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre. Des altercations ont eu lieu avec la foule qui était venue accueillir les marcheurs à l’entrée de la capitale. Selon les organisateurs, plusieurs marcheurs ont été interpelés.

RFI via Cridem 


Echos&Confi

Les femmes bien loties dans le (...)