Vacances du Gouvernement et Ramadan : L’Administration en hibernation

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C’est désormais une tradition bien établie chez nous : Les vacances du Gouvernement. La « première vague » est en effet autorisée à aller en « villégiature » à partir du 15 courant, pour une période de 15 jours. Pour certains, cette période de vacances est une « mode » plus qu’une nécessité. Puisque, selon eux, pris ensemble, ou individuellement, les ministres n’ont aucun bilan à défendre. En effet, si l’on s’en tient au « rendement professionnel » on ne peut qu’être d’accord avec cette assertion. Mais c’est faire semblant d’ignorer que nos ministres sont soumis quotidiennement à de très fortes pressions sociales. A longueur de journée, ils reçoivent des dignitaires, des notables, des élus et des citoyens ordinaires auxquels ils promettent monts et merveilles, en sachant pertinemment que ce sont des promesses qui ne seront pas tenues. L’objectif étant tout simplement de ne pas froisser l’interlocuteur et de repousser la pression jusqu’à la nouvelle audience. Vu sous cet angle, les ministres méritent bien un repos qui sera plus psychologique que physique, puisque le Président de la République leur a intimé l’ordre d’aller à l’intérieur du pays pour s’enquérir de l’état d’avancement des projets relevant de leurs départements et de s’enquérir des problèmes des citoyens. Ainsi au moins, un ministre en « vacances » mettra à profit les quinze jours dont il dispose pour faire quelque chose d’utile : Aller dans son fief voir de près comment vivent ceux qu’il est censé représenter. Certes un ministre d’Aziz n’a pas les mêmes moyens « logistiques » que celui qui était nommé sous Taya, mais il peut, au moins, donner la preuve qu’il est près des populations. Surtout que ceux qui sont de « chez lui » éprouvent mille et une difficultés à le voir quand ils descendent à Nouakchott. Les vacances se méritent non ? 

D’autres personnes encore pensent même que les « vacances » des ministres sont plus bénéfiques pour les finances publiques que leur présence au travail ! Un ministre en vacances ne peut pas voyager en Chine, Corée ou Japon simplement pour prendre part à une rencontre internationale où sa contribution et celle de ses « accompagnants » passe souvent inaperçue mais aura coûté au Trésor public des dizaines de millions d’ouguiyas. Un ministre en vacances cessera aussi de penser à l’organisation de séminaires qui continuent encore, malgré les « restrictions azizéennes », à être l’une des astuces qui permettent à l’administration de contourner les pièges de la lutte contre la gabegie.
Pour certains observateurs de la scène politique nationale, le président Aziz pourrait bien mettre à profit ces vacances pour procéder à une analyse rétrospective du rendement des ministres, dont certains pourraient être envoyés en vacances, pas pour 15 jours cette fois, mais de façon définitive.

En attendant, ces vacances d’une partie du Gouvernement conjuguées avec le mois du Ramadan conduisent à une hibernation quasi-totale de l’Administration.

Sikhousso