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Mauritanie : mauvais temps pour la liberté de la presse

La liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression. La presse s’acquitte d’un devoir important, celui d’informer le public. Elle aide la population à comprendre les procédés souvent compliqués du fonctionnement du gouvernement. Et elle lui explique comment les décisions, prises aux plus hauts échelons, peuvent l’affecter.
Une presse libre sert aussi à veiller au bon fonctionnement du gouvernement, comme lorsqu’elle jette la lumière sur la corruption. C’est justement parce que la presse est indépendante du gouvernement qu’elle peut avertir le public quand ses dirigeants ne tiennent pas les promesses faites pour être élus.

Etat des lieux de la liberté de presse en Mauritanie

La liberté de la presse traverse des moments difficiles en cette période préélectorale où sa part de contribution à la réussite des élections présidentielles du 29 juin prochain risque d’être le grand absent du vaste chantier de l’Etat de droit et de démocratisation du pays.
L’état actuel du quatrième pouvoir laisse à désirer avec des médias fermés en raison du manque d’équipements et de ressources financières pour paraître.
Ces mauvais temps pour la liberté de presse ont particulièrement affecté la presse écrite, réduite aujourd’hui à quelques rares journaux, moins d’une dizaine, qui paraissent péniblement, après une période caractérisée par la régularité de quotidiens offrant chaque jour l’actualité nationale et internationale a un public très nombreux n’ayant pas accès à Internet.

La Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), institution de régulation des médias a multiplié les formations et les ateliers afin de professionnaliser le secteur. Un effort louable eut égard à sa constance, mais qui a souffert de la capacité des médias de traduire dans les faits les contenus de ces formations théoriques et pratiques dispensés dans leurs supports médiatiques.

L’Etat a doublé quant à lui l’aide publique à la presse privée, mais la répartition de cette dernière demeure entachée de grandes irrégularités en raison des sites qui ne sont mis à jour et de journaux dont la dernière parution remonte à plusieurs mois, sinon ces cas de médias favorisés par rapport d’autres plus dynamiques et plus réguliers, en raison d’un trafic d’influence, du clientélisme et du népotisme.

Cette situation déplorable du 4e pouvoir appelle à l’organisation urgente d’états généraux de la presse, afin de sauver le secteur chancelant, sans lequel, la démocratie risque de perdre toute sa crédibilité et sa force, à cause de l’absence d’une presse moralisatrice, responsable et éducative face à des réseaux sociaux incontrôlables et prolifiques, déversant des flux d’informations blessantes, violentes, contradictoires et difficiles et infondées.

Les menaces contre la liberté de la presse

Les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse sont principalement la violence contre les journalistes dont la plus parfaite illustration moderne est ce qui se produit à Gaza où le nombre de journalistes tués par l’armée israélienne depuis le debut de la guerre le 7 octobre 2023 est considérable (prés de 150 fin mars 2024). L’emprisonnement, l’enlèvement et l’agression de journalistes sont à inscrire également dans le registre des menaces auxquelles la liberté de presse est confrontée.

Comment garantir la liberté de la presse et l’accès à une information crédible ?

Garantir la liberté de la presse appelle à éviter d’instaurer une censure privée arbitraire sous forme de contrôle indépendant ou démocratique.
Sans ces caractéristiques, on ne peut parler de liberté de presse, surtout en présence de journalistes subjectifs et d’une administration repliée sur elle-même, refusant de donner les informations que le média est censé communiquer en toute honnêteté au public.
Ce tableau sombre interpelle les candidats à l’élection présidentielle de juin 2024 à inscrire dans leur programme, le volet de réforme profonde la presse, afin que ce pouvoir puisse retrouver ses lettres de noblesse et s’acquitter pleinement de sa mission.

 Ahmed Ould Bettar, Directeur de publication de «Rapideinfo »

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