La santé mentale et la lutte contre les addictions s’imposent désormais comme une priorité de santé publique majeure en Mauritanie.
Face à l’augmentation des troubles psychologiques et des dépendances, le pays a engagé une restructuration profonde de son dispositif médical et institutionnel à travers le déploiement de son nouveau Plan stratégique national.
Cette feuille de route ambitieuse vise à rompre avec un modèle centralisé pour bâtir un système accessible, inclusif et respectueux des droits humains.
Un virage stratégique pour une prise en charge nationale
Historiquement concentrés au sein du Centre hospitalier des spécialités de Nouakchott, les soins psychiatriques et addictologiques font l’objet d’une réorganisation globale.
Piloté par le Ministère de la Santé à travers le Programme national de santé mentale, neurologique et de lutte contre les addictions (PNSMLA), le nouveau plan de réponse s’appuie sur une collaboration multisectorielle et le soutien technique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’objectif principal est clair : faire de la santé mentale un levier indissociable du bien-être social et du développement du pays.
Les quatre piliers de la transformation
La nouvelle feuille de route repose sur des réformes structurelles conçues pour combler les failles du système actuel :
L’intégration et la décentralisation des soins :
Les services de santé mentale sont progressivement intégrés au niveau des soins de santé primaires. Les structures de proximité, réparties dans les différentes wilayas et zones isolées, sont formées pour traiter les cas courants en dehors de la capitale.
Le renforcement des compétences médicales : Face au déficit de spécialistes, un vaste programme de formation est déployé pour permettre aux médecins généralistes et aux infirmiers de dépister, diagnostiquer et stabiliser les patients.
La sécurisation des traitements : Le plan prévoit de stabiliser la chaîne d’approvisionnement nationale pour garantir la disponibilité constante des médicaments psychotropes essentiels dans les structures publiques.
La lutte contre la stigmatisation et la protection des droits : Un accent particulier est mis sur le respect de la dignité des patients et la sensibilisation des communautés afin de déconstruire les tabous culturels liés aux maladies mentales et aux addictions.
Le défi prioritaire de l’addictologie
La montée des addictions, en particulier chez les jeunes, représente un volet d’action urgent. Le gouvernement mauritanien, en associant le ministère de l’Autonomisation des jeunes et des Sports à cette dynamique, cible la prévention en milieu scolaire et universitaire.
Le développement de structures d’écoute et de centres de réhabilitation dédiés à la prise en charge des dépendances (substances illicites, médicaments détournés) constitue l’un des axes de rupture majeurs de cette politique nationale.
Grâce à cet engagement renouvelé et à l’appui de ses partenaires internationaux, la Mauritanie pose les fondations d’un système de santé plus équitable, capable d’offrir à chaque citoyen une prise en charge digne et de proximité.


